
Laura Baxter - One of your children has posed a curious question: if the world is round, why is a frozen lake flat?
John Baxter - That's a good question.
Laura Baxter - (flipping through book) Ah, here it says that Lake Ontario curves more than 3 degrees from its Eastern end to its Western end. So frozen water really isn't flat.
John Baxter - Nothing is what it seems.
(Don't Look Now - Nicolas Roeg - 1975)
Il y a des films que l'on sait résumer en une phrase pour simplement donner l'envie. Et puis il y a les autres, ceux que l'on ne voudrait pas réduire à une formule choc, slogan vendeur, accroche populiste. Ceux que vous voyez presque par hasard, sans trop savoir, et qui vous poursuivent ensuite, petits cailloux imagés nichés dans un coin de votre tête, indélogeables.
Les années 70 auront été la décennie de la maudite enfance. Peut-être en réponse à une décennie précédente faite d'utopies fracassées (sur un mode plein de tristesse genre "qu'allons-nous laisser à nos enfants?"), les écrans furent envahis d'histoires au coeur sombre explorant un fossé creusé par Rosemary's Baby et L'Exorciste, immenses succès au box-office et véritables films malades explorant les recoins les plus inavoués de notre psyché, là où l'instinct de race et la piété filiale se confondent avec la haine de ce qui nous survivra. Damien, La Malédiction de Richard Donner, Alice, Sweet Alice d'Albert Solé, Audrey Rose de Robert Wise, L'Enfant du Diable de Peter Medak...
Et puis Le Cercle Infernal aka Full Circle (ou bien encore The Haunting Of Julia) de Richard Loncraine. Grand prix du Festival d'Avoriaz en 1978, Full Circle est un film quasiment invisible depuis sa sortie en salles. Bloqué dans sa magnificence visuelle pour de misérables questions de droits, il est sorti en dvd dans une édition honteusement recadrée et à la qualité d'images approximative. il y a des traitements infligés à certains films qui relèvent tous simplement du domaine criminel.

Alors donc Le Cercle Infernal. Adapté d'un livre de Peter Straub, Julia, le film s'ouvre sur une scène traumatique absolument terrifiante. Une famille au petit-déjeuner, le divin enfant qui meurt en s'étouffant avec une pomme, en replay du pêcher originel, expulsion du paradis. la cellule familiale éclate, le drame révélant la fausseté des relations, la façade des convenances sociales s'écroulant sous un déluge de douleurs et de larmes. Puis le film vire à l'atonie et à la mélancolie. Julia emménage seule dans une nouvelle maison. et là commence son voyage de contrition. Un voyage nimbé de mystères pleins de cruauté qui ne laissera personne indemne. A commencer par le spectateur. Je défie quiconque ayant une cœur de ne pas avoir la gorge serrée devant le plan final du Cercle Infernal.
On n'en dira pas plus ici, même si l'on sait que l'on peut s'étendre des heures dessus, parler de l'élégance de la mise en scène de Richard Loncraine (un coup de maitre que le réalisateur ne transformera jamais), de la parfaite adéquation entre le film et sa bande-son (que nous avons inclus dans le fichier à downloader), des acteurs tous sublimes (à commencer bien sûr par Mia Farrow qui trouve ici très certainement son meilleur rôle), etc. Tout au plus finirons-nous par évoquer le seul film presque jumeau de celui de Loncraine, le tétanisant Don't Look Now de Nicolas Roeg. Une gémellité dans la construction (le traumatisme de la perte d'un enfant suivi du récit de la douleur, d'un insight caché sous les apparats d'une histoire fantastique et angoissante), mais surtout et avant tout dans l'émotion intense et durable que l'on ressent devant ces films. Emotion que l'on retrouvera bien plus tard du côté de la J-Horror et d'un film comme Dark Water de Hideo Nakata.
Pour downloader le fichier texte contenant les trois liens de téléchargement de Full Circle (rip VHS en VOST et au format respecté), cliquez simplement sur l'image ci-dessous:) Et merci à l'uploader original, Boshart sur Cinemageddon ;-)

(si vous obtenez "ce fichier n'est présentement pas disponible", ré-essayer plus tard, voire rechargez la page immédiatement, cela suffit souvent)
























